LES LIVRES DE LA BIBLE

Définition dogmatique du concile de Trente

« Après des discussions diverses, qui eurent lieu du 8 février au 8 avril 1546 et dont les Actes du concile donnent le résumé, à la ive session solennelle, le 8 avril, le concile promulgua son décret De canonicis Scripturis. “Mais pour que personne ne puisse douter quels sont les Livres saints que le concile lui-même reçoit, il a pensé qu'il fallait joindre à ce décret le catalogue de ces livres. Or, ce sont les suivants : De l'Ancien Testament, les cinq de Moïse, à savoir, la Genèse, l'Exode, le Lévitique, les Nombres, le Deutéronome; Josué, les Juges, Ruth, les quatre des Rois, les deux des Paralipomènes, le premier d'Esdras, et le second qui est dit de Néhémie, Tobie, Judith, Esther, Job, le Psautier davidique de cent cinquante Psaumes, les Paraboles, l'Ecclésiaste, le Cantique des Cantiques, la Sagesse, l'Ecclésiastique, Isaïe, Jérémie avec Baruch, Ézéchiel, Daniel; les douze petits prophètes, c'est-à-dire Osée, Joël, Amos, Abdias, Jonas, Michée, Nahum, Habacuc, Sophonie, Aggée, Zacharie, Malachie; les deux des Machabées, le premier et le second. Du Nouveau Testament, les quatre Évangiles, selon Matthieu, Marc, Luc et Jean; les Actes des Apôtres écrits par l'évangéliste Luc; les quatorze Épîtres de l'apôtre Paul, aux Romains, deux aux Corinthiens, aux Galates, aux Éphésiens, aux Philippiens, aux Colossiens, deux aux Thessaloniciens, deux à Timothée, à Tite, à Philémon, aux Hébreux; les deux de l'apôtre Pierre, les trois de l'apôtre Jean, une de l'apôtre Jacques, une de l'apôtre Jude, et l'Apocalypse de l'apôtre Jean. Mais si quelqu'un ne reçoit pas pour sacrés et canoniques ces mêmes livres en entier avec toutes leurs parties, comme on a coutume de les lire dans l'Église catholique et comme ils se trouvent dans l'ancienne édition vulgate latine... qu'il soit anathème.”

« Le concile de Trente a donc porté une définition dogmatique, condamnant comme hérétique le sentiment de ceux qui ne recevraient pas pour sacrés et canoniques tous les livres, dont la liste est dressée et publiée. Tous sont également sacrés, c'est-à-dire inspirés, et canoniques, contenant et formant la règle de la foi et des moeurs. Il n'y a ainsi, sous le rapport de l'autorité normative, aucune différence à établir entre eux : tous contiennent des témoignages et constituent des secours, propres à confirmer les dogmes et à restaurer les moeurs dans l'Église [...]

« Le concile du Vatican, sess. iii, const. Dei Filius, c. ii, et can. 4, a renouvelé, le 27 avril 1870, la définition de Trente et l'anathème porté contre quiconque “ne recevrait pas pour sacrés et canoniques les livres de la sainte Écriture en entier avec toutes leurs parties, comme le saint concile de Trente les a énumérés.” Léon XIII a aussi rappelé la définition des conciles de Trente et du Vatican sur la canonicité des Livres saints. Encyclique Providentissimus Deus, du 18 novembre 1893. »

(Adhémar d'Alès, Dictionnaire apologétique de la foi catholique, t. I, col. 438-440.)